3 Mois – Papa

J’ai mis du temps à écrire ici, car je n’étais pas prête après avoir perdu mon papa il y a maintenant 3 mois.

Mais…

Nous sommes le 06 Janvier 2020, les fêtes sont passées et une nouvelle année débute sans lui… Pour moi, cette période a été un vrai challenge mais la douleur est toujours là et de façon très intense. Les nuits sont courtes et angoissantes, je ferme les yeux et je me remémore son départ, puis l’après (à son « au revoir ») et je dors, Il est 2h du mat et ça fait 3 mois que ça dure. On me demande souvent: « Tu as pensé à prendre des antidépresseurs? » où « As-tu songé à aller voir quelqu’un pour te faire aider? »

Je pense que lorsque l’on n’a pas vécu ce cauchemar on ne peut pas se rendre compte de cette sensation, de cette douleur sous la poitrine et de ce manque constant à l’intérieur. Cette guérison j’ai donc décidé que je la ferai et la gérerai seule. Alors, je ne suis pas en détresse et à côté de ça je ris parfois et je ne culpabilise pas. Papa n’aurai pas voulu ne plus me voir rire et m’amuser car il sait que ce n’est pas mon tempérament. Je suis une bonne vivante et je vais continuer à vivre pour lui.

Parfois, le pire refait surface. A ce moment-là, je suis dans le néant, je passe par plusieurs phases : des pleurs, puis de la colère, je sens que je lutte encore contre la phase d’acceptation et que tout ça est encore loin d’arriver. Par moment, tout me revient en pleine face: la chose toute bête, quand j’ai emballé les cadeaux de Noel pour ma famille et qu’il n’y avait pas le sien, je me suis mis à hurler de douleur.

Malgré ça, depuis 3 mois, j’ai un soutien énorme de toutes parts à commencer par celui mon chéri. Je lui tire mon chapeau car je ne suis pas facile à vivre tous les jours, il faut qu’il s’adapte à mes humeurs et mes envies. Puis, le soutien de mes minidoux, ma famille et bien sûr mes amis. Et enfin, il y’a vous! Oui, vous derrière vos écrans, je ne sais pas combien de messages je reçois par jour. Des messages de soutiens et des messages de témoignages de personnes qui vivent la même chose que moi, « pourquoi on est autant à avoir perdu un parent où un proche, si jeune? » Je lis tous vos messages et je vous remercie du fond du cœur. Désolé quand je ne réponds pas, mais pour l’instant c’est encore trop dur pour moi. J’envoie des cœurs et des mercis… Vos témoignages me touchent réellement et vos conseils je les prends, je sais d’avance ce qu’il y a à savoir. On me dit souvent « on ne s’en remet jamais, on vit avec, le temps fera son travail ». Alors c’est ce que j’essaye de faire.

En tout cas, je suis fière car chaque jour est une victoire: de réussir à me lever et me coucher sans larme, de chaque nuits ou j’arrive à dormir, de trouver la force de me lever chaque matin, de répondre aux mails et à vos messages. En faites je sens que quelqu’un me pousse, comme une force invisible et cette force c’est lui, je le sais! Car il était comme ça, un bosseur, qui ne se plaignait jamais même pendant la maladie, il souffrait en silence pour nous protéger. C’était lui, mon pilier, un homme plein de force, un vrai « bonhomme » et je tiens à le remercier pour l’éducation qu’il m’a donné.

Voilà donc ce que je me répète tous les jours: « je n’ai pas le choix« . C’est comme ça et il n’y a rien à faire à part croire en lui, voir les signes qu’il m’envoi et espérer qu’il soit bien là où il est!

Mais quoi qu’il en soit, pour rien au monde je n’échangerai ça car je préfère avoir mal toute ma vie plutôt que de ne jamais avoir eu la chance de le connaitre et l’avoir eu comme papa.

Partager:

1 Commentaire

  1. Chrystel
    15 janvier 2020 / 20 h 25 min

    Bon courage Gaëlle
    J ai connu aussi cette douleur
    Elle va s atténuer avec beaucoup de temps
    Quand ça fait très mal , penses à un moment que tu as aimé avec lui

    Chrystel

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :

Vous recherchiez quelque chose?